Michaël Brun
kompa, rara, electronic, dancehall
Michaël Brun est l'un des producteurs haïtiens qui montrent le plus clairement comment un son d'Haïti peut voyager dans le monde sans perdre son accent. Né à Port-au-Prince, il apprend le violon et le piano enfant, commence à faire des mash-ups avec des logiciels de DJ à l’adolescence et se dirige d’abord vers des études pré-médicales avant que la musique ne prenne toute la place. Cette histoire compte parce qu’elle explique la précision de son travail: il utilise l’électronique non comme un masque, mais comme un outil pour placer tambour, rara, kompa, dancehall, R&B et pop dans un même espace.
Son travail ne se contente pas de poser une couleur caribéenne sur la dance music; il remet les voix, les langues et la mémoire haïtiennes au centre de l'expérience. 'Bayo' commence comme une idée de rassemblement, une block party née en Haïti devenue une série d’événements internationaux. 'LOKAL' (2019) reprend cette mission en format album: mêler rara, kompa, hip-hop, reggaetón, house et collaborations pour montrer comment Haïti peut dialoguer avec l’Afrique, l’Amérique latine, la Caraïbe et la pop mondiale.
Brun compte aussi comme curateur. Il relie le bal, la cour, le festival, la radio mondiale et la génération streaming; il donne un espace où des voix comme Rutshelle Guillaume, J Perry, John Legend, Naïka, Saint Levant, Lolo Zouaï, J Balvin, Bounty Killer et d’autres peuvent entrer dans la même conversation. Son travail avec J Balvin sur 'Colores' ajoute un Latin Grammy à son parcours de producteur, mais sa vraie signature reste cette manière de faire sonner la fierté haïtienne ouverte, collective et contemporaine.
Des titres récents comme 'Grenadye Alaso! (Haiti World Cup Tribute)', 'Agua', 'Sak Pase', 'Coming Your Way', 'Touchdown' et le projet 'FAMI VOL. 1' montrent comment il transforme mémoire nationale, football, langue et diaspora en moments musicaux. Michaël Brun est un musicien mondial, mais ce qui le distingue n’est pas la distance avec Haïti; c’est sa manière de faire d’Haïti un centre de gravité.